i par Sophia Burnett


Guest: Sophia Burnett

Enregistré : dimanche 22 mars 2026, en ligne

Diffusé : mercredi 25 mars 2026

Langue d’enregistrement : Français

Mots clés

i minuscule ; anglais numérique ; grapholinguistique ; indexicalité ; iconicité ; pragmatique ; variation graphique ; face ; écriture numérique ; subjectivité

Sommaire

Le i minuscule en anglais : faute ou ressource ?
Dans cet épisode de Signes, les rôles s’inversent : Sophia Burnett est invitée par Nicolas Pommier pour parler du i minuscule dans les écrits numériques. Loin d’une faute, il apparaît non comme un remplacement du I standard, mais comme une forme supplémentaire, créant un contraste signifiant au sein du système. Une exploration à l’interface de la pragmatique, de la sociolinguistique et de la grapholinguistique.

Burnett, Sophia. 2026. Non-standard typography as performative protection: From indexicality to enregisterment.In Florina Zülli, Ronja Eggenschwiler & Christa Dürscheid (eds.), Sprachgebrauch und Sprachidentitäten. Variationslinguistische Perspektiven. Tübingen: Narr Francke Attempto. 230–251. Narr, Tübingen.

Burnett, Sophia. 2026. Reconfiguration de la tonicité pronominale en écriture numérique. https://doi.org/10.13140/RG.2.2.21629.22246

Burnett, Sophia. 2023. White Flag Typography”.Doctoral thesis. Thesis Commons, May 7, 2024. doi:10.31237/osf.io/wzxp3.

Chapitres

00:00 Introduction

02:34 L'impact des réseaux sociaux sur l'écriture

04:17 La phonologie et la graphophonologie des minuscules

06:26 Endophasie et perception des minuscules

07:44 Les idéologies autour du i

08:36 L'usage du i minuscule en ligne

10:51 La dichotomie entre majuscules et minuscules

12:20 L'indexicalité et l'appartenance communautaire

13:54 Nonchalance active

15:46 Les implications sociolinguistiques des minuscules

17:48 Avant le i, le langage SMS

25:55 Les actes de langage et le signe

28:33 L'utilité pragmatique des variantes

31:36 L'anthropomorphisation et le minuscule

33:27 Le minuscule dans les forums

36:47 Marqueur d'état psychique?

38:31 L'évolution des normes linguistiques avec l'IA

44:08 La Neutralité du Propos

45:08 Impact de la Typographie sur la Lecture

46:14 Déni Plausible et Atténuation

48:53 Complexité des Langues et Typographie

52:01 Symbolisme du Drapeau Blanc en Typographie

54:47 Grapholinguistique et Choix Typographiques

56:22 La fin: Dissonance Typographique du Comic Sans

Sophia Burnett est enseignante-chercheuse à l’Université de Toulouse (laboratoire LAIRDIL) et chercheuse associée aux laboratoires AGORA (CY Cergy Paris Université) et IDEA (Université de Lorraine). Ses travaux, à l’interface de la sociolinguistique, de la grapholinguistique et de la cognition, portent sur la manière dont les formes écrites acquièrent une valeur sociale en usage, comme le montre sa thèse de doctorat dirigée par Julien Longhi, consacrée au i minuscule non standard en anglais numérique et à sa capacité à encoder des variations de sens pragmatiques, indexicales et iconiques.

Elle s’intéresse actuellement, d’une part, à l’identification de signes incarnés et situés dans les productions hybrides humain–modèles de langage et, d’autre part, aux effets morphosyntaxiques de la variation graphique.

Elle a présenté ses travaux lors de conférences internationales, notamment NWAV (New Ways of Analyzing Variation) à New York, ILA (International Linguistic Association) dans le New Jersey et HisPhonCog à Séoul, et a publié dans des revues et ouvrages parus chez De Gruyter et Narr, avec des travaux sur l'iconicité à paraître chez Benjamins.

Linkedin: https://www.linkedin.com/in/sophia-burnett-7989692b8/

Website: https://sophiaburnett.github.io/

Transcription (auto-généré)

Sophia Burnett (00:01)

Bienvenue dans Signes, le podcast dédié aux signes. Chaque épisode est centré sur un signe choisi par l'invité Il peut être visuel ou sonore, icône, symbole, indice, geste, inscription, objet, tout ce qu'il lui parle. Nous examinons le fonctionnement du signe, les contextes dans lesquels il apparaît et les manières dont il est interprété. Cette semaine, je suis ravie d'échanger les rôles.

et de parler du i minuscule anglais avec Nicolas Pommier qui était invité lors de l'épisode numéro 5.

Sophia Burnett (00:48)

C'est donc moi qui reçois exceptionnellement Sophia Burnett, la créatrice de ce podcast. Sophia Burnett est enseignante chercheuse à l'université de Toulouse, rattachée au laboratoire LAIRDIL et chercheuse associée au laboratoire Agora de CY Cergy Université,

Ces travaux, situés à l'interface de la socio-linguistique, de la grapho-linguistique et de la linguistique cognitive, portent sur la manière dont les formes écrites acquièrent une valeur sociale en usage. Sa thèse de doctorat dirigée par Julien Longhi est consacrée aux usages non standards du i minuscule comme pronom de première personne s'agulier en anglais numérique et à sa capacité à encoder des variations de sens à la fois pragmatiques, indexicales, et iconiques.

Ces travaux actuels s'intéressent d'une part aux effets morphosyntactiques de la variation graphique et d'autre part à l'identification de signes incarnés et situés dans les productions hybrides, humains, modèles de langage. Elle a présenté ses recherches lors de diverses conférences internationales à la New Ways of Analyzing Variation à New York.

à l'International Linguistic Association dans le New Jersey et à la Han yang International Symposium on Phonetics and Cognitive Sciences of Language à Séoul. Elle a publié dans des revues et ouvrages paru chez De Gruyter et Narr mais aussi chez Benjamin avec des travaux à paraître sur la notion d'iconicité. Vous pouvez retrouver sa biographie et les références de ses travaux sur le site signspodcast.com

Sophia Burnett (02:24)

Ok.

Nicolas Pommier (02:25)

Une des questions que je voulais poser au début c'est pourquoi tu as commencé à t'intéresser à ce phénomène à l'origine.

Sophia Burnett (02:34)

À l'époque, c'était Twitter. Oui, donc j'étais de savoir pourquoi des personnes utilisaient les minuscules parfois et d'autres fois pas.

Nicolas Pommier (02:34)

en ligne ? D'accord.

Sophia Burnett (02:48)

C'est vraiment parti d'une simple

Nicolas Pommier (02:51)

D'accord.

Sophia Burnett (02:53)

Si une personne à l'école, au collège, lycée, écrit un incluant un minuscule, c'est vraiment aujourd'hui considéré encore comme une faute grammaticale, une faute il y a ces deux aujourd'hui qui

d'appréciation très différente

Oui, comme pendant si longtemps, en c'était le Il n'y avait que des artistes ou des qui jouaient avec osaient le subvertir parce que ça voulait vraiment dire quelque chose.

comme E. E Cummings poète, ou Bell Hooks, qui écrivait son nom tout en minuscules,

Il y a d'autres mouvements artistiques aussi.

Nicolas Pommier (03:46)

Oui, je pensais

en typographie, à partir du Bauhaus, on a commencé à rejeter toutes les lettres capitales, un peu pour des raisons politiques, pour avoir une forme d'égalité entre toutes les lettres. Notamment Herbert Bayer qui a théorisé ça, mais aussi des artistes comme Hermann De Vries qui, dans les années 60, refusaient toutes les capitales, etc. C'est quelque chose qui était assez présent en typographie.

Sophia Burnett (04:14)

Absolument. Ce que tu viens de dire, démontre à quel point le graphique qui incarne des Et on a tendance à l'oublier. Mais ces graphismes font partie de nos mots que l'on met dehors l'idéologie derrière ça, c'est vraiment quelque chose à ne pas ignorer, Même lorsqu'on parle de linguistique.

l'arrivée d'Internet a bouleversée dans monde. on le mais aussi parce que juste le nombre de communications par qu'on n'avait jamais vu auparavant dans l'histoire de l'humanité. Donc on

désormais une ontologie dans la première personne du singulier est utilisée à une fréquence Puisqu'en anglais avec les verbes qui la première personne du singulier SVO, donc c'est une construction grammaticale qui...

qui met la première personne tout le et on ne peut pas faire Zipf au début du 20e siècle avait une approche mathématique par rapport à la qui disait qu'il y plus il a de fréquences

moins long et le de Zipf, Et...

Nicolas Pommier (05:34)

C'est la loi de Zipf, c'est ça ?

Sophia Burnett (05:38)

C'est intéressant aussi parce qu'il y a des gens comme Joan Bybee qui ont repris ça plus dans la linguistique de l'usage et qui ont démontré plus un mot est plus ce mot sera...

à s'effacer, destinée à phonétique, mais après on peut parler de la graphophonologie aussi parce qu'il y a des choses aussi qui se passent là-dedans et c'est très parce que le I...

Nicolas Pommier (06:00)

point de vue phonétique.

Sophia Burnett (06:13)

majuscule, d'avant, le seul ai qui c'était un diphtongue alors moi-même et d'autres personnes, je pensais

McCulloch qui avait écrit ce livre Because Internet et d'autres personnes encore théorisent que le minuscule est une forme

plus faible Il y a Ça s'appelle

où on passe d'un diphthong, c'est une articulation en deux temps, à une les monophonisations en très souvent, c'est le fini les réductions Très souvent, c'est...

Ça va les sons de génial

Nicolas Pommier (07:03)

c'est monophtongaison .

Sophia Burnett (07:08)

majuscule standard, c'est un Et I minuscule, je le pense, un monophtongue. Donc, c'est un processus qui adoucit, qui rapetisse ce plus vers un cheva.

qui est le cas d'ailleurs lorsqu'on parle des Voilà, donc je trouve

Nicolas Pommier (07:30)

Et là, cette monophthong,

ce serait en lien avec l'endophasie, parce que si c'est à l'écrit, c'est pas prononcé tel quel, c'est ça ? Donc c'est une supposition ou c'est vraiment à attesté comme monophthong

Sophia Burnett (07:44)

oui, l'endophasie, c'est effectivement lorsque l'on lit quelque ou même sans lire, mais...

surtout lorsqu'on lit, c'est la petite voix dans la qui lit en même donc c'est une voix intérieure.

comment cette notion cette possède un de monophthong et non de diphthong, c'est un...

attesté à des études que moi-même j'ai fait des étudiants, avec des de sons et de graphiques qu'ils devaient faire

Il y a plusieurs expériences qui ont été faites par des chercheurs qui cette idée que...

Les sont intimement la variation ne faisons que ça toute la On ne se rend pas nos voix intérieures, alors il y a des personnes qui souffrent certaines conditions qui n'ont pas du tout de petites voix.

Nicolas Pommier (08:52)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (08:52)

Mais la plupart des lisent avec une petite voix dans la donc en réfléchissent ainsi la réception du i pour le coup, effectivement, moi je comme d'autres.

que ça ne va pas être reçu de la même en le la phonologie, effectivement, c'était important de le dire endophasie parce que les travaux de Bybee étaient surtout sur

l'effacement donc la restructuration de cette ça fonctionne également sur des la particularité de ce mot écrit, c'est que c'est un tout petit mot. on un glyph un morphème

C'est déjà petit dans son état standard et ce qui me fascine c'est que la fréquence et ce que Zipf a dit, ce que Bybee a c'est malgré sa petitesse au départ, ça a réussi à être encore plus petit.

Nicolas Pommier (10:06)

Donc ça c'est un usage du i minuscule pour première personne du singulier en anglais, ça se rencontre uniquement en ligne, a priori. Qui est-ce qui utilise cette forme-là et quels sont les usages qu'elle recouvre ?

Sophia Burnett (10:26)

Alors, oui, c'est une bonne y a des dualistes et Voilà, est-ce qu'il y a deux mondes qui existent ou est-ce que c'est le même et le monde en ligne est informé par le monde Je pense qu'effectivement, le monde en ligne est informé par le monde hors ligne et vice versa, mais qu'il y a quand même une distinction assez nette entre les deux.

massivement utilisé en mais justement les institutions dont on parlait les écoles, les

les de la langue en qui disent ce qui est juste et pas ce qui est là dans ce monde-là, hors ce n'est pas possible

sans que ce soit soit une faute orthographique, soit le signe de quelqu'un qui n'est pas très intelligent, qui n'est pas très ou voilà. Donc ça paraît exactement...

Donc il y a des idéologies assez négatives autour du hors Alors qu'en avec l'arrivée des réseaux sociaux...

qui est très important, je pense, de se rappeler, c'est que ce n'est pas un Ça arrive en supplément. Le minuscule n'a pas...

obliteré la Et donc, désormais nous avons deux J'aime bien penser à une sorte de mitose Donc le mitose c'est biologique, donc c'est un processus biologique où il a une cellule qui se divise en deux.

recopier. Donc ici ce serait pas une vraie mitose mais une le majuscule d'avant qui était la seule forme possible de la première personne en se en et qui

qui produit ce minuscule cette dans le même redouble de force par Le i standard est plus fort que le i standard...

Qu'est-ce que je veux dire par plus fort, c'est dans les idéologies qui sont peut-être même la phonologie, peut-être que le diphthong sera marqué en au minuscule. Voilà, donc à l'arrivée.

Nicolas Pommier (12:58)

Donc ce sera une affirmation plus forte de sa

subjectivité, c'est ça ?

emplois du i C'est associé à une affirmation plus forte de soi.

Sophia Burnett (13:06)

oui

Oui, oui, oui. Donc on est là dans la psychosémiotique. Donc effectivement, En opposition, ça de confiance entre guillemets Oui, on parle d'égo, en fait, tout

comme il y a non seulement maintenant ce "i" minuscule, donc cette variante atténuée, il y sa version opposée. pour parler en ligne et créer des choses dans les forums, c'est parfois diplomatiquement complexe, de prendre la parole, je pense, pour les utilisateurs.

C'était vraiment quelque chose de excessivement bienvenu que d'avoir ce dans la proposition de sa face au

Yeah.

Nicolas Pommier (13:56)

Je trouve

ça amusant que ça soit un peu concomitant au développement du iPhone où justement le i est minuscule.

Sophia Burnett (14:06)

oui, oui, Bon après, on appelle le stylistique et les reprises et circulations avec le monde du marketing sont multiples et complexes, mais là, pour le coup, il a une juxtaposition minuscule et puis, PHONE ! Oui. Mais c'est un peu comme les Y, une fois qu'on commence à le regarder, on le voit partout.

Sophia Burnett (14:32)

on voit les deux choses en C'est pas juste qu'il n'y a plus que le minuscule maintenant. C'est pas le cas que tout monde écrit un minuscule partout tout le temps maintenant. Par exemple dans certaines langues c'est encore

nécessite que les noms soient en majuscule et ça c'est encore quelque chose qu'on voit en quelque chose qui perdure

Je vais vous pas si c'est peu dexicalité.

Les minuscules arrivent en deux.

Peirce, donc parlait de l'index comme étant extérieur à l'énonciation. Quelque chose qui pointe vers un objet extérieur à l'énonciation. grammaticalement, c'est la référant à la première personne, donc l'auteur.

Mais justement, si on dit que c'est un remplacement et non pas une substitution, le i minuscule, c'est une dichotomie qui se met en place qui est super intéressante, parce que peut-être que ça renvoie à quelque chose qui n'est pas tout à fait exactement pareil que le i c'est en opposition.

aux notions Saussuriens le signifiant et le c'est arbitraire.

Pour moi, ce changement de signes, cette modification dans la forme du ça évoque un changement de Évidemment ce n'est pas, "je ne suis pas cette mais il y quelque chose qui se joue dans la couche lexicale qui est modifié.

Donc la couche grammaticale reste intouché

Nicolas Pommier (16:23)

ça permettrait une sorte de partition

du moi et de faire appel à différents aspects de ce moi.

Sophia Burnett (16:33)

Exactement. Et ça, on le fait déjà, on n'a pas besoin de l'arrivée du minuscule pour faire ça. C'est quelque chose que l'on fait avec des mots à chaque fois qu'on écrit à quelqu'un ou en ligne.

...

Au début, je McCulloch le dit dans Because Internet

Très clair, c'est que ça a été repris immédiatement et forcément par une population assez Ce qui est souvent le cas de nouveautés. C'est souvent le cas que ce sont des choses qui sont testées entre guillemets par une population Et puis après, repris par des populations...

et c'était le cas avec le i minuscule. David Crystal en parle texte speak. Ça c'est un peu différent parce qu'au tout début c'était des avec des touches, on ne pouvait pas accéder très facilement à des de caractères.

C'était une sorte d'acronymes et de... C'était très cryptique, en fait. C'est ça, exactement, SMS. Text-speak. Oui, langage Et ensuite est et malgré la facilité...

Nicolas Pommier (17:53)

Le langage SMS, c'est ça ? Au départ ?

Sophia Burnett (18:09)

après de pouvoir taper sur un clavier ou d'avoir un téléphone des touches de l'alphabet, il y a des gens qui l'ont préservé. ces gens qui l'ont une C'était une ingrouping, c'était pour signaler qu'ils appartenaient à un

groupe social, donc en l'occurrence là, les plutôt jeunes qui avaient l'habitude d'être avec une au départ, a du i minuscule. Aussi, je pense pour des raisons idéologiques, parce que justement, si on a une

Nicolas Pommier (18:39)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (18:52)

à rigueur, on veut, i majuscule imposée par l'État, imposée par sa et donc d'une manière Sans trop de danger.

est assez facile d'accès de rébellion et puis d'appartenance quelque chose, à une communauté via le i minuscule qui raconte « je ne suis pas un banquier, j'ai 17 ans, tout ça

Nicolas Pommier (19:10)

Mm-hmm.

C'était plutôt à l'origine un usage peu subversif et c'est après que ça aurait pris d'autres significations.

Sophia Burnett (19:40)

oui oui, donc...

Silverstein parle d'indexicalité, d'enregistrement. L'indexicalité est processus super parce que...

ça permet à un phénomène d'être identifié à l'intérieur d'une communauté qu'il par d'autres personnes, et puis de l'emprunter et pour leurs propres besoins qui seront peut-être un peu différents.

dont l'index, départ, intact. C'est-à-dire j'appelais ça active nonchalance. La forme utilisée par les jeunes, j'appelais ça nonchalance active. C'est-à-dire que pour pouvoir, au début, mettre un i majuscule, il fallait...

faire tout un truc dans les paramétrages de son téléphone pour pouvoir passer outre le Donc c'est pas mal de travail juste pour paraître nonchalant.

Nicolas Pommier (20:57)

pour mettre le

i C'est ça ? D'accord.

Sophia Burnett (20:59)

Exactement.

Donc c'est très intéressant parce que c'est ce, je pense, ce nonchalance qui a a écrit avec ce minuscule massivement au début. Et c'est un nonchalance qui a été repris

par pour justement dans des en ligne un peu compliquées, parce qu'en ligne on peut parler de politique ou des choses vraiment qui où très vite les passions montent ça peut être terrible.

Nicolas Pommier (21:42)

...

Sophia Burnett (21:44)

Le fait de se présenter un peu la tête en utilisant cet index de nonchalance. Voilà. Je dis ça, j'ai une opinion, je dis c'est... Sachez que je le dis de manière

y a d'autres formes extra-linguistiques qui servent cette y a des emojis, y a des tone indicators qui sont utilisés beaucoup sur Mais ce n'est pas toujours l'endroit où les communautés, ce n'est pas toujours l'endroit pour utiliser ce genre de choses.

La première personne minuscule est vraiment reconnue par tout et permet de façon très très économique d'apporter une stance en fait. Là on est dans la pragmatique.

désamorcer des choses ou éviter des prises de position potentiellement trop conflictuelles. L'indexation faite par les jeunes avec ce nonchalance a vraiment été identifiée par des personnes qui l'ont pour d'autres fins.

Nicolas Pommier (23:00)

C'est vrai que j'ai découvert

ça en parcourant la thèse, les tone indicators, je connaissais pas. Donc c'était des sortes d'abréviations de quelques lettres en tête de message pour indiquer comment ça doit être. J'ai pas l'impression que ce soit très répandu encore mais bon.

Sophia Burnett (23:13)

...

Non,

non, ça c'était vraiment plus sur... Et puis je pense que c'est un peu passé de monde maintenant, y a des effets de monde avec ces Là c'était plus sur Reddit, la plateforme Reddit, où il a beaucoup de forums et c'est assez policé en fait, il y a des modérateurs.

Nicolas Pommier (23:27)

Mmh.

d'accord

Sophia Burnett (23:43)

Donc le ton est très Ça peut être abordé comme un Et ça peut être abordé également comme une icône.

dans le sens c'est-à-dire quelque chose qui a une très à son objet.

et ça vaut que le... Yeah, on est en plein Et l'incarnation et tout ce qui intéressant, c'est que ça fonctionne aussi, je pense, comme c'est...

Nicolas Pommier (24:09)

Là est dans l'anthropomorphisme à nouveau.

Sophia Burnett (24:24)

fait petite expérimentation au tout début de la l'intelligence artificielle générative de l'image. Dali, j'avais demandé à un prompt sur...

désolée.

Nicolas Pommier (24:41)

Je crois que c'était dans la thèse, j'ai vu un où il y avait des

images de femmes incarnées en Je ne pas si c'est à ça non tu?

Sophia Burnett (24:48)

Oui, c'est ça.

C'est exactement et donc j'avais demandé à si la lettre était une femme et c'était très parlant parce que le il y avait une corrélation avec une...

formes stylistiques qui démontrait une sûre d'elle, qui à le minuscule était une femme sans traits

vraiment amoindri. C'était un petit expérience comme Je pense que ce n'est pas dingue d'imaginer que la plupart des personnes font...

en être fort sûr confiant et le humble, ou tout simplement amoindri

Nicolas Pommier (25:50)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (25:55)

aussi grand que... si on fait un i minuscule la d'une ça va toujours représenter quelque chose Et c'est le phénomène qui se passe là-dedans lorsqu'on

Nicolas Pommier (26:08)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (26:09)

Mais ça vient rejoindre et soutenir, je pense, des théories, par exemple, de Goffman. Je ne sais pas si tu connais Goffman, mais il a sa théorie de la face, donc c'est de la Et donc la face, donc c'est une image sociale.

Nicolas Pommier (26:22)

Un peu oui.

Sophia Burnett (26:32)

que l'on crée et qu'on partage avec le monde. c'est très très c'est une sorte de visage symbolique. ça peut être par tout un ensemble d'écrits, comme ça peut être construit par le choix stylistique à tout plein de niveaux. On construire

et le Donc il parle de face saving, c'est la de ce visage symbolique que l'on a Et c'est vrai l'on ligne, en particulier

dans des conversations avec des personnes qui sont plus ou moins anonymes.

Il peut être très la version amoindrie comme face surtout pour émettre des pour ne pas être...

Nicolas Pommier (27:29)

C'est ce que tu appelles

Sophia Burnett (27:33)

Oui, oui,

J'ai un peu conceptualisé ces usages en fait dans la le face de Goffman, c'est incompatible non plus le pragmatique d'Austin, par Austin...

a écrit sur ces Un de ces actes, c'est l'Acte Perlocutoire ça m'intéresse ici parce que l'Acte perlocutoire, c'est la conséquence que nos paroles provoquent chez

et encore une fois, je rapporte aussi au niveau graphique parce que je pense que ce n'est pas impertinent de le tout Le fait de se présenter d'une telle manière va quelque chose chez

Si c'est un niveau iconique et on peut imaginer par si on rencontre un chien qui ne bouge pas du tout, mais c'est chien, un on va avoir une réponse autre que si ce chien c'est une caniche.

Nicolas Pommier (28:40)

Mm-hmm.

avoir des impacts importants. Je crois que tu évoques le All Caps tout en capital qui est... paraît très agressif. Et même certaines personnes se sont agressées quand dans les messages il y a des points à la fin. Ça paraît trop affirmatif. voilà, il y a des choses comme ça qui sont constatées.

Sophia Burnett (28:58)

Absolument, absolument le all caps d'ailleurs c'est un phénomène.

avéré et constaté. c'est intéressant parce que justement les extra lexicaux pour l'emphase, abondent, a les all caps, les majuscules, les points d'exclamation, on peut mettre en italique, en gras, on peut souligner. Par contre, des signes extra linguistiques d'atténuation...

on n'en a pas.

Nicolas Pommier (29:28)

C'est vrai qu'il a des signes de distanciation,

peu. Les guillemets, l'italique peuvent aussi jouer ce jeu, mais d'atténuation, a pas vraiment beaucoup.

Sophia Burnett (29:35)

Oui.

je pense que les utilisateurs surtout sur les réseaux ont vu ce vraiment comme un d'atténuation, de ton, de stance

Nicolas Pommier (30:00)

Je crois que tu

as recensé au moins six usages distincts dans la thèse.

Sophia Burnett (30:05)

Donc la non-chalance active, on a parlé de ça brièvement sur plutôt, la première utilisation plutôt par des jeunes, repris par pour une...

une certaine Ensuite, le shielding, dont c'est d'utiliser et l'enregistrement de cette comme une sorte de bouclier en ligne très efficace.

Nicolas Pommier (30:23)

...

Sophia Burnett (30:45)

Il a un où c'est plus... Là, c'est beaucoup plus compliqué à prouver, mais c'est attenuating,

Non, non, non. L'atténuating, Il faut que fasse encore beaucoup plus de travail dessous. donc effectivement, je pense qu'il y a une...

Nicolas Pommier (30:54)

que t'appelles le petit moi ?

D'accord.

Sophia Burnett (31:10)

configuration de la tonicité du i majuscule la Est-ce qu'il y a d'autres impacts ?

Nicolas Pommier (31:19)

Donc ça deviendrait

un critique, c'est ça ? C'est l'idée ?

Sophia Burnett (31:23)

où dans sa forme nouvelle pourrait avoir un...

un impact un peu comme le la des doublements de la

Nicolas Pommier (31:37)

Parce que c'est vrai qu'actuellement j'ai l'impression que c'est plus Quand on insiste sur le I, c'est pour différencier de par exemple I want, c'est pas you want, c'est I des choses comme ça un peu plus un peu...

Sophia Burnett (31:38)

Oui,

oui, juste pour reprendre, donc, attenuating, ce plus l'impact des effets qui peuvent s'apparenter le à gauche en français du "moi je" par des choses comme ça.

Ensuite, il y a le petit effectivement c'était l'étude d'une par de personnes sachant...

sachant très bien en fait ce que ça de manière iconique et entre guillemets jouons là-dessus.

le petit mot, c'est cette incarnation anthropomorphisation.

du minuscule qui permet aux gens... Ça sachant très parce que les gens, gens sont des linguistes, tout monde. des gens qui utilisent...

Nicolas Pommier (32:47)

Mmh mmh.

Sophia Burnett (32:50)

Les réseaux sociaux, beaucoup sont experts en pragmatique. Sans le sans le savoir que c'est Austin et que c'est l'acte prélocuteur, ils savent très bien qu'en utilisant le petit i, ça va faire plus mignon, où ça va être

une énonciation écrite sans danger, voilà, c'est tout doux, voilà. petit

Nicolas Pommier (33:25)

Ahahah

Sophia Burnett (33:28)

c'est une version...

de...décolicité qui a...

qui n'est pas abouti en fait. Donc il y a une chose qui s'appelle la fonction Donc la fonction réflexive permet tout de se faire une image mentale de qui on est, qui nous quelque chose, par exemple...

des personnes qui souffrent Là, j'ai regardé des communautés de personnes souffrant d'anorexie mentale.

sur Reddit et donc qu'ils peuvent avoir, lorsque ça prend une qu'ils peuvent leurs fonctions réflexives atteintes. C'est comme ça qu'on voit par exemple des phénomènes terribles de une personne qui vraiment très très maigre.

va se regarder dans la glace et qui va voir une Donc ce n'est pas du tout une réalité.

Nicolas Pommier (34:26)

D'accord.

Sophia Burnett (34:31)

Et donc, la petite étude que j'ai fait à l'intérieur de ma thèse n'est pas du décisive et a vraiment besoin avec beaucoup de Je pense que ça serait très important. Mais ce que j'ai vu, c'était...

Nicolas Pommier (34:48)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (34:51)

à ces parlants, c'est-à-dire que j'ai pris deux a priori parce que c'est l'internet, donc on peut jamais être sûrs. C'est le gros problème de l'ethnographie en ligne. Mais je pars le principe que les personnes pour la plupart ceux qu'ils et elles disent Voilà.

Nicolas Pommier (35:00)

Mmh.

...

Sophia Burnett (35:13)

j'ai fait un etage avec un forum sur le et un forum sur l'anorexie.

l'utilisation du i minuscule

plus fréquente dans le data venant peut y d'autres L'accommodation, ça peut être très fort dans les forums où on partage le même souci. n'est pas un topic aussi léger que le maquillage, donc peut-être qu'il a le...

phénomène d'accommodation graphique va être beaucoup plus fort, sais pas. Mais en tout cas,

Ça revient, je reviens toujours à la Ce n'est pas une substitution, un supplément. dès lors qu'il a le choix entre deux formes et qu'une personne choisit une forme plutôt qu'une pour moi, ça veut dire quelque chose. Maintenant, si c'est exactement que c'est le marqueur de la fonction réflexive.

Nicolas Pommier (36:18)

le i minuscule était plus utilisé dans les forums sur l'anorexie que sur le maquillage, c'est ça données D'accord.

Sophia Burnett (36:20)

Yeah.

Oui, oui oui.

la possibilité de prendre une icône qui est ressemblant, être représentatif de soi-même. Je ne pense pas que c'est un délire d'imaginer qu'il a quelque chose là-dedans.

noté ça dans les sur la dépression.

Nicolas Pommier (36:52)

D' accord

Sophia Burnett (36:52)

Évidemment, les personnes souffrant d'anorexie mentale ne sont pas dans un état psychique très très bien. se peut que c'est plus la dépression qui est marquée ce choix de...

en tout dans la forum dépression ce qui vraiment très intéressant.

de voir que non seulement c'était très répandu, mais qu'il y avait une sorte d'utilisation du y avait un exemple d'une qui racontait son Aujourd'hui guéri.

et qui racontait un temps où il était malade, avec des idées très Ce qui m'a frappée, c'était l'utilisation du i pour parler de lui-même au présent de l'i minuscule lorsqu'il parlait de lui-même malade dans le passé.

encore une fois, ça peut random, aléatoire sur le clavier, c'est énormément

Nicolas Pommier (38:07)

Ce serait intéressant de voir... Je ne pas si ça peut intéresser des psychologues aussi, parce qu'il a de plus en plus de consultations psychologiques qui se font en ligne sur des chats et ça peut être des de l'état mental de la personne aussi, d'une certaine manière.

Sophia Burnett (38:08)

C'est tout à fait naturel en fait. Pardon.

Les marqueurs, c'est compliqué parce que ce sont des choses qui Par exemple, la communauté en ligne Reddit d'anorexie mentale est très méta, en fait. C'est une population qui est sans cesse en train de faire des

Nicolas Pommier (38:48)

D'accord.

Sophia Burnett (38:48)

Et donc il suffirait je pense de dire que c'est un marqueur pour ce soit repris.

tout cas, oui, consciemment utiliser comme effectivement, je pense que des hors ligne, ce serait très intéressant. Je pensais à des de demander...

Nicolas Pommier (38:54)

consciemment utilisé, c'est ça ?

Sophia Burnett (39:12)

Il faudrait faire ça en collaboration avec des psychologues. Je ne suis pas psychologue. Donc avec des personnes qui pourraient faire vraiment un essai et inviter des personnes à s'exprimer.

à la première personne pour voir si ça...

des choses séminaires qui se passent.

Nicolas Pommier (39:32)

Tu penses que

ces usages peuvent ensuite se généraliser aux écrits hors ? ça reste très circonscrit aux usages numériques

Sophia Burnett (39:45)

pense que Il y a évidemment du passage entre les deux

mais la transgression hors ligne est plus forte quand même que...

en là où l'i minuscule est naît C'est là où ça a pris émergence, c'est là où ça a été créé. Donc organique,

Nicolas Pommier (39:59)

Mmh.

Sophia Burnett (40:13)

je dis d'une certaine génération parce que je ne suis pas un digital native ne pas née avec le Donc j'ai un rapport à ça qui est différent d'un jeune qui est né avec le numérique et qui toujours passé de l'un qui a peut-être moins de...

moins de avec le minuscule. Mais c'était dans... Pardon.

Nicolas Pommier (40:39)

Je crois que tu avais fait une étude,

Tu avais fait une étude dans la thèse qui montrait que les jeunes étaient moins sensibles à ça dans les écrits un peu plus officiels manuscrits mais que ça restait quand même très présent.

Sophia Burnett (40:53)

Oui,

avait une question, par exemple, le fait d'utiliser le I-minuscule pour invitation de mariage. Voilà, sur un carton.

invitation de Les plus jeunes n'étaient pas forcément contre. En tout cas, il y avait de hurlement de la part des gens plus

Ce qui intéressant, c'était de voir une sorte de bell curve dans les âges.

dans l'appréciation idéologique du i minuscule, parce que les gens vraiment plus âgés étaient moins gênés, fait, plus tolérants de la variante que des personnes et 60 ans.

Nicolas Pommier (41:31)

Mm-hmm.

je les rends

Salut !

Sophia Burnett (41:53)

Oui. Donc je pense que c'est c'est un tranche

ou professionnellement on est très actif a priori, ou peut-être on fait plus attention à à ce genre d'erreur entre guillemets, on fait plus attention à sa face, parce qu'il a un enjeu professionnel derrière ça aussi.

Nicolas Pommier (42:18)

Oui oui.

Même j'avais vu cette mention d'une étude qui montrait que la correction orthographique était un des critères les plus importants dans les critères d'embauche. Je crois que c'était cité dans un des papiers que tu m'avais envoyé.

Sophia Burnett (42:19)

Yeah.

je pense que c'est une étude qui date un peu maintenant, qui des modèles de langage. Ça va être intéressant de voir si les choses changent avec l'arrivée massive de qui est très conservateur.

Nicolas Pommier (42:48)

Décor.

Ça dépend peut-être des modèles. Ben

Est-ce qu'ils vont re...

Sophia Burnett (43:02)

Oui, alors, je...

Nicolas Pommier (43:03)

Ça dépend si l'IA est entraîné à partir uniquement de textes plus officiels ou est-ce que ça prend également dans tous les forums, mais peut-être que dans ce cas-là, ces certains usages vont aussi être reproduits.

Sophia Burnett (43:18)

Oui,

Je pense que le modèle commercial standard vraiment s'appuie sur un langage, un langage, un langage très standard. Après, effectivement, très normé peut effectivement avoir des plugins soit imiter son propre style

y des applications dits "humanisantes"

Nicolas Pommier (43:47)

Mmh.

Sophia Burnett (43:49)

Il consiste juste à mettre des erreurs syntaxiques. langage sociolecte, idiolecte, tout ça.

En tout cas je n'ai jamais vu...

une production de Chat Gpt avec un i minuscule en début de phrase.

Nicolas Pommier (44:06)

D'accord. Oui, que c'est quelque chose que je me demandais

à quel point ça interagit avec la règle du "I" capital et la règle de l'initial de phrase capitale. que même si des personnes ont tendance à utiliser le i minuscule, est-ce qu'ils vont quand mettre une capitale en tête de phrase ou pas

Sophia Burnett (44:27)

Oui, exactement. Il y a des personnes qui utilisent des minuscules un peu partout. Donc ces personnes-là m'intéressent moins parce que un usage, je dirais, c'est un calque stylistique. pas tout ce qu'on a dit là sur qualité ou l'iconicité.

Nicolas Pommier (44:34)

Mmh

Mm-hmm.

Sophia Burnett (44:50)

C'est pas vraiment de la pragmatique non plus.

C'est de l'esthétique.

Et donc le dernier le minuscule comme effet de puisque le i majuscule est très saillant comme lettre.

Et

Et ça c'est une hypothèse aussi, c'est que Il y a certains usages de...

de qui poussent un peu le amoindrissement.

de la première personne, de au bout et plus loin encore pour dire qu'il n'y a pas d'auteur en fait. Et ce serait éventuellement utile dans les cas où on veut dire des choses vraiment pas très

Nicolas Pommier (45:36)

C'est une forme de position

neutre, de neutralité du propos ? Pas forcément.

Sophia Burnett (45:42)

dirais que c'est...

Je pense que le processus est double, c'est-à-dire a un camouflage traitement orthographique, dans le processing. Donc il a des personnes qui ont fait des études avec du eye tracking. Comment ça s'appelle, le eye tracking ? Donc on suit le...

Nicolas Pommier (45:57)

Mm-hmm.

blage oculaire

non je

Sophia Burnett (46:04)

On est capable maintenant de suivre le travail oculaire lors oculométrie! D'accord.

Nicolas Pommier (46:08)

Oculométrie

c'est ça, l'oculométrie !

Pas sûr que ça soit très utilisé comme thème.

Sophia Burnett (46:18)

Et donc ce sont les études qui permettent de savoir exactement où la personne regarde lorsqu'elle lit quelque chose. c'est vrai que l'absence de majuscule impacte Ça impacte la vitesse de lecture.

c'est un bac sur la rétention de l'information. Donc c'est pas en sans punctuation par donc je me dis que une personne qui...

qui veut dire quelque chose de vraiment, je ne sais pas, raciste, ou en général c'est raciste ou sexiste, mais qui a un peu peur quand même, parce que, hein, on sait jamais.

c'est une manière à travers le tout et en particulier le premier personne... Premier personne du singulier tout en disant des de...

Nicolas Pommier (47:09)

personne du cycle.

Sophia Burnett (47:18)

quelque sorte de ne pas être là, de se fendre un peu dans le... en plus c'est dans un flux, c'est dans un flux de Et qu'il y a un problème avec il y a cette presque de...

Nicolas Pommier (47:27)

Mm-hmm.

Sophia Burnett (47:39)

et c'est là où ça rejoint attenuation un petit peu c'est à dire c'est moi mais ce n'est pas exactement moi qui a dit ça. c'est un petit peu comme si on prenait un dans ce cas.

Nicolas Pommier (47:53)

crois qu'on dit « déni plausible » en français, mais je ne suis pas sûr que ce soit utilisé.

Sophia Burnett (47:59)

Oui, voilà possibilité de déni de de ne pas dire en fait, juste d'utiliser cette non pour dire des choses et c'est un peu comme...

Nicolas Pommier (48:13)

C'est pas tout à fait moi qui l'ai dit.

Sophia Burnett (48:18)

Absolument. C'est un peu comme tu as dit tout à l'heure sur les les scare Quand on n'est pas sûr que quelque chose va passer, on va le mettre entre guillemets. Et pour cette de l'I est un peu comme mettre scare quotes autour de son propre nom.

Nicolas Pommier (48:22)

Hum.

Sophia Burnett (48:40)

C'est dire que... Ouais, c'est donner son avis sans le donner.

sans le donner de manière officielle.

Nicolas Pommier (48:47)

C'est un peu

' for I is another' est être un autre Rimbaud

Sophia Burnett (48:53)

Oui, Il y a d'autres langues et...

C'est vrai. ⁓

Nicolas Pommier (49:01)

d'autres.

Sophia Burnett (49:04)

Dans la thèse j'ai regardé un peu le traitement orthographique, visuel, et je me suis posé la question sur la complexité des formes S'il y avait quelque chose qui était en jeu comme ça et le...

Donc j'ai fait une comparaison entre dix langues plus ou moins complexes, dans le sens visuel, avec des glyphes de la c'est vrai que c'est bon.

Encore, c'est qu'un seul étude il faudrait faire plus, c'était intéressant de voir.

plus une langue complexe dans le sens de ses glyphes.

Nicolas Pommier (49:52)

parle notamment des diacritiques, ce genre de choses.

Sophia Burnett (49:57)

Dans la date que j'ai recueillie, fait, il y avait...

minuscules en début de Ça veut dire ce que ça veut Mon interprétation de ça, c'est un petit peu l'hypothèse que j'avais en entrant,

des langues comme l'anglais qui sont au fur et à graphiquement on a besoin de re-complexifier en notre pour pouvoir exprimer.

Nicolas Pommier (50:17)

graphiquement.

Sophia Burnett (50:26)

des de manière efficace, ça, des choses pragmatiques, de manière extrêmement A voir faudrait une expérimentation pour voir si ça a le même résultat, mais...

avec beaucoup plus de de autour des lettres montraient beaucoup d'utilisation de minuscules en début de phrase. Mais bon, ça pourrait juste dire que ces sociétés-là sont plus...

Nicolas Pommier (50:53)

D'accord.

Sophia Burnett (50:58)

enfin...

Nicolas Pommier (50:58)

crois que les tchèques sont particulièrement

attachés à leur diacritique, il y avait une conscience de ça, une fierté, il avait l'impression qu'ils avaient vu

dans les écrits de Kundera notamment.

peux se demander à quoi ressemblerait ce type de typographie atténuante dans des écritures qui n'ont pas l'alphabet latin, qui ne sont pas l'alphabet latin ou par exemple les synogrammes ou les kanji, à quoi ça ressemble la typographie atténuante.

Sophia Burnett (51:32)

Mais est-ce que c'est même pas possible ? Non

Nicolas Pommier (51:36)

J'imagine que

Après, a la distinction en caractère simplifié traditionnel déjà, qui est politiquement très marquée entre Taïwan et la Chine Mais après, c'est à d'autres niveaux, j'imagine.

Sophia Burnett (51:51)

Oui oui

Non, tant de à explorer encore, je pense.

Nicolas Pommier (51:56)

Je me posais la question sur le terme de white flag typography. C'est vrai que pour la traduction française typographie du drapeau d'un point de graphique, ça m'évoque beaucoup de choses mais pas tellement l'atténuation en fait. Le drapeau en graphie désigne une forme d'alignement du En anglais, je crois que ça se dit...

Sophia Burnett (52:03)

Oui.

Nicolas Pommier (52:24)

J'avais noté ça. Flush left, flush right. Quand c'est pas justifié. On parle de drapeau en français. Et c'est vrai que le Il y a la notion aussi de blanc typographique qui est justement tout ce qui entoure les Et puis même aussi de... Peut-être de l'écriture blanche qui est une forme d'écriture très neutre et distanciée et qui fait aussi écho à la théorie.

Sophia Burnett (52:30)

Aie ! Aie oui !

Oui.

Ça c'est

intéressant parce que là ça marche pour le coup. Qui fait écho à la théorie de... Oui !

Nicolas Pommier (52:51)

Ça peut, ça peut marcher. Ça, crois que ça avait été théorisé par Barthes. C'était

sur le degré zéro de l'écriture, il me Et aussi qui rejoint une forme de... En design graphique, y tout de une métaphore qui a été développée par Beatrice Varde la... crystal goblet, le verre de cristal, la typographie comme un verre de cristal qui doit être invisible.

Sophia Burnett (53:16)

Hmmmm

Nicolas Pommier (53:16)

C'est

un peu cette sorte de neutralité du signe qui doit juste porter le message. finalement, évoque aussi un peu, ça rejoint d'une certaine le White Flag typographie. Mais c'est vrai qu'il y a tous ces signifiants qui sont convoqués.

Sophia Burnett (53:22)

Oui.

effectivement, dans le White Flag, ⁓ c'est une C'est ça qui un peu en tension avec ce que ça raconte, fait, dans ce que je raconte comme implémentation de l'amouant l'amoindrissement

quelqu'un qui veut arrêter la guerre et ne veut pas être tiré dessus, doit quand prendre le de montrer ce drapeau blanc et il y a une sorte de petite analogie là la de ne pas...

utiliser la norme, le standard.

Nicolas Pommier (54:13)

Je ne pas comment

on appelle ça les connotations. Le terme white flag typographie sera reçu de la même façon dans le monde anglophone et francophone. Je ne sais pas si les associations sont les mêmes.

Sophia Burnett (54:29)

drapeau blanc je pense que...

Nicolas Pommier (54:31)

Le symbole drapeau blanc le Mais dans la typographie, il y a le « » du drapeau blanc. Peut-être qu'on pense moins au symbole directement du drapeau blanc. Symboles pacifiques, je ne pas. Mais c'est vrai que ça m'avait un peu marqué. Après, c'est peut-être mon prisme de graphiste qui touche.

Sophia Burnett (54:35)

C'est le même !

Oui peut-être.

Nicolas Pommier (54:54)

Finalement ce serait typographie atténuante, je ne pas si ça marche en France. Si c'est ça l'idée.

Sophia Burnett (54:54)

Comme

c'est la grapholinguistique en fait donc c'est toujours le souci on peut choisir des titres très...

Oui, très long, très ou des titres courts qui embêtent tout le monde parce que ce n'est pas exactement de la typographie non plus dont je J'avais un problème avec l'utilisation du mot orthographe dans mon titre parce que orthographe veut dire...

Nicolas Pommier (55:11)

Oui

Hum.

Sophia Burnett (55:34)

le contraire de ce que je voulais étudier.

Nicolas Pommier (55:37)

Ça m'a fait penser au red flag aussi.

Sophia Burnett (55:40)

vrai qu'il y a des "flag" partout maintenant dans l'esprit, mais white flag je pense que c'est effectivement, tu as raison, que c'est un qui invoquée beaucoup plus dans le monde que dans le

Nicolas Pommier (55:42)

Oui.

Sophia Burnett (55:58)

Yeah.

Nicolas Pommier (55:58)

D'accord.

Ouais c'est possible parce que moi ça me... Je pense que ça me parle moins en tant que...

Sophia Burnett (56:01)

Ouais.

Mmh.

Nicolas Pommier (56:03)

Mais

bon, c'est un détail.

En tout cas, c'est vrai que c'était intéressant ce côté, justement, tu parlais de grapho linguistique, c'est quelque chose qui m'intéresse parce que finalement, c'est un étudier des choix graphiques, typographiques avec des outils linguistiques et c'est un peu entre les deux domaines qui m'intéressent.

Sophia Burnett (56:05)

Quoi ? Non mais...

Et c'est vraiment super intéressant, Je pense qu'on a passé dernières décennies où il y avait une séparation comme ça entre diverses et de linguistique et maintenant...

il est accepté les tous majuscules par exemple reviennent à créer une ça veut dire que graphophonologie c'est une chose, c'est une discipline et c'est fascinant, c'est vraiment fascinant.

Nicolas Pommier (56:54)

C'est vrai

que moi quand j'avais commencé à écrire mon mémoire sur le Y, j'étais en première année de licence de linguistique et on revient à la base, Saussure tout ça, et j'avais envie, j'ai ressenti presque le besoin de me justifier, d'utiliser des concepts linguistiques dans ouvrage qui s'intéressait à des usages graphiques. Et en fait on se rend compte que c'est des choses qui sont aussi très étudiées finalement par des linguistes.

Sophia Burnett (57:20)

Oui, mais totalement. y a Jürgen Spitzmüller qui a fait un super papier il y a quelques années sur le Black à un aéroport de Berlin, je pense, l'ancien aéroport.

Nicolas Pommier (57:21)

Hum.

Let's gothic

Sophia Burnett (57:38)

Il y avait un café avec l'écriture gothique comme ça, idéologies et tout ce que véhicule. Effectivement, ce n'est pas le crystal glass, hein.

Nicolas Pommier (57:49)

Moi, me penser à la thèse de Charles Gauthier que j'avais citée dans mon mémoire. Il s'appelle l'image, la graphie et le politique. Et justement, il fait une étude assez large de tous ses emplois politiquement chargés de la graphie. fait référence au gothique au roman. donc, oui, c'est jamais neutre.

Sophia Burnett (57:50)

C'est d'ailleurs

Non, non,

Nicolas Pommier (58:16)

de ces choix-là.

Sophia Burnett (58:18)

Non, c'est jamais neutre on va peut-être finir. j'étais contente, oui, de visiter ma tante à Edinbourg Et elle m'a emmenée voir la chapelle Et il y a un cimetière en Et il y un tombeau assez neuf avec une...

une pierre tombale, très joli, visiblement très cher.

Et l'inscription était en Comic Et je suis restée longtemps. Ça a créé une sorte de dissonance dans ma tête. Je ne pouvais accepter l'existence des deux choses dans une

Nicolas Pommier (58:45)

Ha ha ha

Sophia Burnett (59:01)

Et c'est... voilà. C'est jamais neutre et cette pierre tombale

est un tout petit peu ridicule quand même.

Nicolas Pommier (59:11)

C'est marrant parce qu'en parlant de ça, y beaucoup de... Il a un style qui se retrouve beaucoup dans les cimetières, notamment en France, avec les... Dans les capitales, avec le i, qui est un point sur la capitale. Et ça, c'est quelque chose qui... J'ai l'impression qu'il se retrouve uniquement dans ce style-là, des pierres tombales, et très peu ailleurs. Et je me demande si finalement, les usages du i minuscules se...

peut-être que l'anglais va réutiliser ce signe-là qui est utilisé en turque notamment il a le distinction i avec et sans point, ces deux glyphes bien distincts et peut-être que ça va être réintroduit en anglais on ne pas

Sophia Burnett (59:48)

Exactement. Oui, oui.

Donc une troisième proposition semiotique pour le même...

Nicolas Pommier (59:58)

Non mais pour distinguer

le i en initial de phrase,

Sophia Burnett (1:00:06)

oui, donc... bas ?

Nicolas Pommier (1:00:10)

Mais grand !

Sophia Burnett (1:00:10)

Oui, c'est ça, bas mais majuscules avec le...

Nicolas Pommier (1:00:16)

je ne pas que ça se fasse, mais ça pourrait être une manière de régler le conflit.

Sophia Burnett (1:00:20)

On ne sait jamis…

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